Vous êtes ici
14/02/12
18:39

Que faire du conflit syrien?

Les bombardements s'intensifient, six décès ont été enregistrés à Homs depuis ce mardi. L'envoi de casques bleus pour le maintien de la paix est envisagé. Mais la communauté internationale ne s'accorde toujours pas. La Ligue arabe et l'Union européenne vont tenter cette semaine d'obtenir à l'assemblée générale de l'ONU une condamnation de Damas.

Le sort du gouvernement syrien va bientôt être décidé à l'ONU. (Photo : capture d'écran d'une vidéo AFP)

  • La Chine reste distante

Depuis le début de la crise syrienne la Chine est l'un des rares pays avec la Russie à soutenir indirectement le gouvernement de Bachar al-Assad. Début février, Pekin a apposé, toujours avec Moscou, son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant les exactions du régime syrien. Ce mardi, la Chine a cependant annoncé qu'elle ne protégeait "aucune partie y compris le gouvernement" à Damas. L'émissaire de Pékin, Li Huaxin, a rencontré lundi le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi. Il poursuivra ensuite ses entretiens en Arabie Saoudite et au Qatar. La Chine ne s'est pas encore prononcée sur la question de l'intervention des casques bleus.

  • La Russie hésite

Moscou, qui a refusé de se ranger aux côtés des Occidentaux pour condamner le régime de Bachar al-Assad, a annoncé lundi qu'elle étudiait la proposition de la Ligue arabe de déployer une force de maintien de la paix en Syrie. Elle souhaiterait avoir plus de précisions sur ce projet et voudrait d'abord l'arrêt des violences entre les forces gouvernementales et les rebelles. La Russie "entend prendre la main dans la résolution de la crise syrienne et se poser comme un acteur incontournable dans une zone qu’elle tente de réinvestir depuis le début des années 2000 ", explique Julien Nocetti chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri) et spécialiste des relations entre la Syrie et la Russie. Les Russes craignent une possible contagion du printemps arabe, surtout à l'approche de l'élection présidentielle qui aura lieu dans un mois environ. Ils tiennent aussi à conserver leurs marchés économiques en Syrie.

  • La ligue arabe veut renforcer sa position

La ligue arabe veut, elle aussi, asseoir son autorité. "Ce qui se passe en Syrie actuellement doit être stoppé par la Ligue arabe. Les meurtres doivent cesser", a déclaré Nabil al-Arabi, son secrétaire général. La Ligue est disposée à former "une force de maintien de la paix arabo-onusienne pour superviser l'application du cessez-le-feu". Elle est également prête à apporter son soutien politique et matériel à l'opposition syrienne et demande à ses membres de rompre leurs relations diplomatiques avec Damas. Elle ne tient pas à revivre ses échecs lors des crises tunisienne et libyenne où les occidentaux ont pris les devants, analyse Julien Nocetti.

  • L'Union européenne soutient la Ligue arabe

Tout n'est pas encore décidé pour les membres de l'UE. La France, au départ, a mis en garde contre une intervention militaire. "Nous pensons qu'aujourd'hui toute intervention extérieure , à caractère militaire, ne ferait qu'aggraver la situation, d'autant qu'il n'y aura pas de décision du Conseil de sécurité, qui est la seule instance à même d'autoriser une intervention militaire", a indiqué Alain Jupé, ministre français des Affaires étrangères lundi. Ce mardi, il était plutôt question d'étudier l'intervention des militaires onusiens. "Nous comprenons qu'il y a plusieurs options possibles s'agissant de Casques bleus... Tout cela est en cours de discussions, en cours de précisions", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bernard Valero.

L'Allemagne, quant à elle, est d'accord pour l'intervention militaire. La chancelière Angela Merkel a évoqué ce mardi de nouvelles sanctions européennes contre la Syrie. Elle a également affirmé le soutien de l'UE à la Ligue arabe. Selon des diplomates européens, l'UE devrait décréter fin février un embargo sur les exportations syriennes de phosphate, un gel des avoirs de la banque centrale et une interdiction du commerce des diamants et métaux précieux.

Leyla Doup Kaigama avec AFP

Imprimer la page

Fil info

15:33
Monde

République démocratique du Congo : le Conseil des droits de l'homme de l'ONU lance une enquête sur les exactions dans l'est du pays

15:20
Monde

Le procès à Istanbul de Pinar Selek, sociologue turque réfugiée en France, à nouveau renvoyé

15:07
Monde

Le ministre de la Défense israélien a donné l'ordre à l'armée de ne pas critiquer le plan de Trump sur Gaza

14:58
Monde

Grèce : des milliers d'étudiants manifestent pour réclamer justice pour les familles de victimes de l'accident ferroviaire survenu en 2023

14:50
Monde

Guerre en Ukraine : la Russie revendique la capture de la ville de Toretsk, après des mois de combats

14:45
Monde

L'Ouzbékistan a transféré aux États-Unis 7 hélicoptères stationnés dans le pays depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan

14:22
Monde

États-Unis : le chef de la diplomatie Marco Rubio se rendra en Israël à la mi-février

14:15
Monde

La Cour pénale internationale, l'ONU et l'Union européenne protestent contre les sanctions de Donald Trump à l'encontre de la juridiction

13:24
Monde

Séismes en Grèce : le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis exclut un scénario catastrophe sur l'île de Santorin

12:33
Monde

Hongrie : Viktor Orban annonce vouloir "éliminer" les ONG dans le pays

12:25
Monde

Hong Kong va porter plainte auprès de l'OMC en réaction à la hausse des droits de douane américains

12:16
Monde

La Chine fustige la « mentalité de guerre froide » des États-Unis en Amérique latine

12:00
Monde

États-Unis : l'administration Trump prévoit de réduire drastiquement le nombre de travailleurs de l'USAID, menacée de fermeture

11:44
Monde

Haïti : les violences sexuelles contre les enfants ont augmenté de 1000% en 2024

11:33
Monde

L'ONU demande aux États-Unis de revenir sur les sanctions prévues contre la Cour pénale internationale